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Puros 100% Syrien 31/03/2015

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Une news particulièrement surprenante (source AFP):

Dans une grande salle de la Compagnie générale du tabac à Lattaquié, fief de Bachar el-Assad, des ouvrières roulent des feuilles de tabac pour fabriquer des cigares, une toute nouvelle industrie lancée en pleine guerre.

Cette initiative devrait permettre la création de 1 000 emplois dans le pays dévasté par un conflit qui a fauché la vie à plus de 215 000 personnes et laminé l'économie, espère le directeur général de la compagnie, Nasser Abdallah.

« L'entreprise va très bientôt lancer ses cigares sur le marché intérieur et essayer de les exporter vers des pays amis », affirme son directeur adjoint, Salmane el-Abbas. Ce pari est osé car le cigare reste un produit de niche en Syrie, où il est fumé par une poignée d'aficionados aisés.
Comme de nombreuses compagnies publiques, la Compagnie générale du tabac souffre des sanctions internationales. Ses avoirs sont gelés depuis 2012 par l'Union européenne qui l'accuse de fournir un soutien financier au régime.

Avant la crise, la compagnie fondée en 1935 et spécialisée dans la production de cigarettes comptait parmi les entreprises les plus prospères du pays, et ses bénéfices renflouaient les caisses de l'État avec des millions de dollars. Pour compenser les pertes subies, « nous avons décidé d'élaborer un nouveau produit sans expertise étrangère », explique le directeur de l'usine, Chadi Moualla, en dénonçant « la guerre économique livrée à la Syrie » par les Occidentaux. Des essais ont été menés pendant trois ans pour que ces cigares soient « conformes aux normes internationales » lorsqu'ils sortent dans l'usine de Lattaquié, le chef-lieu de la province où les plants de tabac sont cultivés.

Mais l'apprentissage n'a pas été aisé pour les ouvrières, comme la quinquagénaire Oum Ali, foulard blanc sur la tête, à qui trois années ont été nécessaires pour maîtriser correctement l'art de rouler les cigares. Un jour, l'ingénieur Houssam l'interpelle : « Vous les femmes, vous êtes habituées à faire des feuilles de vigne farcies, essayez donc de rouler un cigare », témoigne-t-elle. Or, « je ne savais même pas ce qu'était un cigare ». Oum Ali affirme avoir perfectionné sa technique sur Internet. « J'ai regardé des vidéos sur la confection de cigares à Cuba et l'ingénieur m'expliquait la manière d'assembler les feuilles de tabac », raconte-t-elle. Elle se dit fière aujourd'hui de son « cigare à 100 % syrien ». « Il a vraiment le goût du tabac syrien », précise-t-elle en tirant une bouffée. Dans la grande salle, dont les murs sont ornés des portraits du président Bachar el-Assad et de son père défunt, les 130 ouvrières et six hommes s'affairent à trier les feuilles de tabac brun, les tasser et les rouler. Ils fabriquent actuellement 400 à 500 cigares par jour, dont quelques exemplaires sont distribués à des personnalités pour en tester le goût et vérifier la qualité.

L'ambition est de « défier l'embargo en créant un nouveau produit rentable et en faisant travailler la main-d'œuvre », souligne l'ingénieur Houssam Mahmoud.

Selon M. Abbas, les cigares pourront être exportés vers des pays amis comme l'Iran, la Russie, la Chine, qui soutiennent le régime de Damas depuis quatre ans, ainsi qu'en Afrique. Il espère même que le cigare syrien puisse à terme concurrencer les marques les plus prestigieuses, notamment cubaines.

Youssef KARWASHAN/AFP

Commentaire de Vitole.com:
Le projet semble pour le moins ambitieux dans le contexte de la Syrie et je serais curieux de fumer l'une de ces vitoles qui ont "le goût du tabac syrien"...en espérant que se soit une bonne surprise.
 

OUF!!!! La hausse des taxes sur les cigares part finalement en fumée 13/11/2014

Les sénateurs ont voté contre la hausse de la fiscalité sur les cigares et cigarillos. Les députés voulaient, eux, aligner ces taxes sur celles des cigarettes.

Voilà un projet de taxe...qui part pour l’instant en fumée ! A l’occasion de l’examen du budget 2015 de la Sécu (PLFSS), les sénateurs ont voté une série d’amendements, défendus à la fois par l’UMP et le PS, et réclamant le rétablissement de la fiscalité initiale des cigarillos. Celle-ci avait été augmentée de 300 % en octobre dernier par les députés, qui souhaitaient, contre l’avis de la commission et du gouvernement, aligner les taxes sur celles appliquées aux cigarettes.

Hausse des trafics

Plusieurs arguments ont été avancés par les sénateurs pour justifier leur choix de s’opposer à cette hausse des taxes. Premier argument : celui du temps. « Il faut certes une politique de santé publique vigoureuse mais aussi laisser [aux] professionnels le temps de se diversifier et d’absorber ce choc », a déclaré Jean-Baptiste Lemoyne (UMP), qui évoquait également la question de la fraude : « On risque de voir s’étendre les achats transfrontaliers ou réalisés via des canaux prohibés, qui ne sont pas neutres pour la santé publique », a-t-il ainsi assuré.

Pour Anne Emery-Dumas (PS), la mesure est inefficace : « Le levier de la fiscalité n’a pas montré son efficacité pour lutter contre le tabagisme et le triplement du prix des cigarillos risque d’être contourné via les réseaux parallèles, Internet et les achats transfrontaliers, ouvrant la voie à de nombreux trafics y compris dans les départements de l’intérieur », a déclaré la sénatrice, qui préconise plutôt une harmonisation des prix au niveau européen. « Il est de meilleurs supports législatifs pour discuter de ce problème », a avancé de son côté Yves Daudigny (PS) pour justifier son vote de suppression, évoquant la « loi de santé publique ». La secrétaire d’Etat à la famille Laurence Rossignol a, elle, souligné que « c’est une priorité » du secrétaire d’État au budget que de lutter contre les réseaux illégaux qui ont entre 20 à 25 % du marché du tabac.

La décision d’augmenter la fiscalité sur ces produits avait été critiquée par les professionnels. « Avec cette nouvelle hausse de taxes qui pourrait être adoptée dès le mois de janvier et faire passer le paquet de cigarillos le plus vendu de 7 à 17 euros, le gouvernement cherche à nous faire disparaître », plaidait alors le président de la confédération des buralistes, Pascal Montredon. L’Association des fournisseurs de cigares en France assurait, lors du vote de l’amendement par les députés, qu’une telle mesure, si elle était validée lors de la navette parlementaire, entraînerait une perte de recette fiscale de 158 millions d’euros. L’amendement est soutenu par l’ancienne ministre déléguée aux Personnes âgées, Michèle Delaunay,

Les Echos du 13/11/14
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